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L'UE veut durcir sa ligne sur la question migratoire et les expulsions

L'UE veut durcir sa ligne sur la question migratoire et les expulsions
Un bateau des garde-côtes italiens transporte des migrants près du port de l'île sicilienne de Lampedusa, le 18 septembre 2023   -  
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Cecilia Fabiano/LaPresse

Belgique

L’Union européenne a présenté jeudi des projets visant à réformer en profondeur son système de visas et à intensifier les expulsions, dans le cadre d’une stratégie migratoire sur cinq ans qui entérine un durcissement de la ligne sur ce sujet sensible.

Selon l’agence européenne de garde-frontières, les arrivées irrégulières dans le bloc des 27 ont diminué de plus d’un quart en 2025, mais la pression politique pour agir reste forte. "La priorité est claire : faire baisser le nombre d’arrivées illégales et le maintenir à un niveau bas", a déclaré Magnus Brunner, commissaire européen chargé des migrations.

La stratégie dévoilée jeudi met l’accent sur la nécessité d’augmenter les expulsions des demandeurs d’asile déboutés parmi les priorités du bloc."Les abus donnent une mauvaise image de la migration : ils sapent la confiance du public et, au final, nuisent à notre capacité à offrir une protection tout en affaiblissant nos efforts pour attirer des talents", a déclaré M. Brunner.

Le Parlement européen examine actuellement un texte juridique proposé par la Commission européenne permettant la mise en place de "centres de retour" en dehors des frontières de l’UE.

Critiquée par les organisations de défense des droits humains, la proposition prévoit également des sanctions plus sévères à l’encontre des migrants refusant de quitter le territoire européen, notamment des périodes de détention plus longues.

Les gouvernements européens subissent une pression croissante pour adopter une ligne plus dure, dans un contexte de durcissement de l’opinion publique sur la question migratoire, qui a alimenté un glissement vers la droite dans l’ensemble du bloc.

"Approche défaillante"

La stratégie évoque également le renforcement d’une "diplomatie migratoire offensive" afin de convaincre les pays tiers d’empêcher les migrants d’atteindre l’Europe et de reprendre leurs ressortissants n’ayant pas le droit d’y séjourner.

Bruxelles a récemment conclu ou négocie des accords avec plusieurs pays d’Afrique du Nord, dont la Tunisie, la Mauritanie, l’Égypte et le Maroc, dans lesquels elle obtient une aide au contrôle des flux migratoires en échange d’une assistance financière et d’investissements.

Amnesty International a qualifié l’approche de l’UE de "défaillante". Elle "ne fait qu’accroître sa dépendance vis-à-vis de pays tiers pour gérer les migrations, tout en la rendant complice d’éventuelles violations des droits humains", a déclaré Olivia Sundberg Diez, analyste politique au sein de l’ONG.

Bruxelles a également présenté une toute nouvelle stratégie en matière de visas, dont l’objectif affiché est d’utiliser l’octroi d’accès au territoire européen comme un levier diplomatique au service de ses priorités politiques.

Il s’agit de "l’un des outils les plus puissants à notre disposition", a déclaré une source de la Commission.

L’UE souhaite notamment sanctionner les pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants en restreignant la délivrance de visas, tout en assouplissant les procédures pour attirer les travailleurs qualifiés.

La Commission devrait présenter un plan de réforme d’ici la fin de l’année.

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